lundi 11 janvier 2010

La gratuité comme modèle économique ?

Le modèle économique traditionnel d'un éditeur de logiciels a toujours été la vente de licences, la vente de maintenance sur ces licences et accessoirement du service autour du logiciel installé chez le client.
Le service pouvant être technique (installation, paramétrage des serveurs, ...) ou fonctionnel (étude des besoins, définition des écarts entre les besoins du client et les fonctionnalités du logiciel, "paramétrage" du logiciel pour le mettre en adéquation avec les besoins du client, formation, ...).

Ce modèle a évolué depuis 6 ou 7 ans avec l'arrivée des logiciels/éditeurs open source.
Je parle ici des vrais éditeurs open source, qui publient l'ensemble de leurs développements dans un référentiel libre, dans un modèle de licence adapté, et qui participent le plus souvent à l'évolution/la correction des composants utilisés dans leur solution.
Je ne parle pas des éditeurs qui fournissent une version/une partie de leurs outils gratuitement et le reste de leur offre (dont du service) dans un modèle bien connu de licences payantes.
Les entreprises ayant les moyens d'investir dans une équipe de développement pour développer/maintenir les outils qui manquent à la solution profitent (au bon sens du terme) de ce modèle. Reste à vérifier si le coût des équipes n'est pas plus important que ce que représenterait l'achat de licences et de maintenance.
Par contre, la majorité des PME qui pourraient être attirées par le faible coût apparent de ces solutions sont obligées au final de recourir à la version payante de la solution s'ils veulent en tirer profit.

Pour revenir aux "vrais" éditeurs open-source, ils distribuent donc leur logiciel de manière totalement ouverte et gratuite, libre aux "clients" de cette solution de se débrouiller avec (en faisant notamment appel aux communautés plus ou moins actives sur le Net) ou de faire appel aux services de l'éditeur pour les aider à implémenter la solution.
Les revenus des ces éditeurs proviennent en général d'une "redevance" annuelle que les "clients" acceptent de verser à l'éditeur et qui leur garantit la mise à disposition par l'éditeur de toutes les évolutions qui pourraient être développées spécifiquement pour d'autres clients.
On assiste donc à la constitution d'une communauté privée, constituée de l'éditeur et de tous ses clients. Un processus vertueux est mis en place au sein de cette communauté :
  • les clients demandent des évolutions et les financent (quelquefois de manière collégiale, afin de partager les coûts de développement),
  • une fois l'évolution terminée, elle est mise à disposition de la communaté de clients : tous les clients, y compris ceux qui ne l'ont pas payée, profitent de cette évolution,
  • le logiciel évolue donc en fonction des besoins des clients et n'est pas imposé par l'éditeur,
  • les clients participent financièrement à son évolution et se sentent donc plus impliqués.

Ce modèle s'oppose au modèle traditionnel où l'éditeur développe de plus en plus de fonctionnalités, assez souvent inutiles à la majorité des clients, et les impose à ses clients. Le coût des licences est également imposé à l'ensemble des utilisateurs, y compris ceux qui n'utilisent que 10 % des fonctionnalités du logiciel.

Une deuxième tendance, liée à l'émergence du logiciel "gratuit" et open source, est la fourniture d'applications, gratuites pour une majorité de clients, sur le web. Apparue il y a qq années, elle a été popularisée par Google via les Google Apps. De nombreux éditeurs essaient de suivre ce modèle, parmi lesquels Microsoft et IBM.
Hormis le prix, les points forts de ces applications sont nombreux :
  • Aucune administration des postes de travail et/ou des serveurs, les applications étant hébergées chez l'éditeur
  • Pas d'achat de serveur
  • Pas de souci de sauvegarde : elle est assurée par l'éditeur
  • Disponibilité des applications quelque soit le poste de travail (PC, portable, smartphone, tablette, ...) et le lieu d'utilisation (Bureau, domicile, aéroport, ...)
  • Pas de souci de migration de versions : les applications sont toujours à jour, sur l'ensemble des postes

Parallèlement à la gratuité pour les "petits" consommateurs, une version "pro" est fournie, en général tarifée par utilisateur nommé. Le Coût Total de Possession (TCO) est bien inférieur à une solution classique : cf. le petit comparatif avec MS Exchange, certes réalisé par Google mais qui donne une idée : http://www.google.com/apps/intl/fr/business/messaging_value.html

Ce modèle devrait je pense être appliqué à d'autres domaines, non critiques, que la bureautique. On peut citer notamment les applications de gestion clients (CRM) mais aussi toutes les applications métier collaboratives, faisant intervenir de nombreux acteurs (clients, prestataires, partenaires, ...) : c'est pour ce type d'applications que ce modèle est le plus approprié, notamment dans le domaine de la Supply Chain, et plus particulièrement sur les outils de gestion des transports : Prise de RDV, Retours de tournée, Géolocalisation/Suivi des transports, ... des dizaines de milliers d'acteurs dans ce domaine.
La décennie qui commence devrait voir l'avènement de ce type d'applications.
Mais les éditeurs actuels, s'ils essaient de développer une couche Web au dessus de leur logiciel, ne l'ont pas toutjours conçu à l'origine pour être déployé massivement sur le Web. S'ils veulent rester dans la course, ils devront à plus ou moins long terme revoir l'architecture de leur logiciel. Comme à chaque nouvelle période architecturale, les nouveaux entrants sur ce marché auront une longueur d'avance.

mardi 5 janvier 2010

Qlikview : un marketing très agressif : qu'en est-il dans les faits ?

Qlikview : un outil à la mode en ce moment dans le monde de l'informatique décisionnelle ...
La société promeut son outil à l'aide d'un marketing agressif, notamment sur le thème des délais de mise en place : "Des délais de rentabilisation éclairs - Rentabilisation mesurée en mois, en semaines ou même en jours !"

Après avoir essayé l'outil, on est effectivement très impressionné par la facilité de démarrage, la simplicité d'utilisation et les temps de réponse instantanés.
Mais rien n'est magique : les temps de réponse sont dûs au fait que Qlikview charge l'ensemble des données en mémoire (et les stocke de manière compressée dans un fichier).
La version serveur fait de même et nécessite donc une (très) grande capacité de mémoire sur le serveur Qlikview.
2° remarque : même si l'outil est effectivement très simple à mettre en place, il ne dispense pas des étapes amont d'un projet décisionnel : analyse des besoins, identification des données source, contrôle et nettoyage des données, alimentation de l'infocentre. On sait que l'ensemble de ces étapes peut représenter jusqu'à 40 - 50 % du temps et du budget d'un projet décisionnel.

Il n'en demeure pas moins que l'outil est très interactif, bien interfacé avec excel et c'est ce que recherchent les utilisateurs.
Il reste à vérifier si (et comment) la suite Qlikview gère les aspects sécurité (filtre sur les données en fonction de profils / groupes d'appartenance, liens avec annuaires AD / LDAP).

vendredi 18 décembre 2009

La boucle est bouclée

Il y 40 ans, à l'age d'or des mainframes (les jeunes ingénieurs ne savent même pas ce que cela veut dire), les applications sont toutes centralisées sur une machine unique. On y accéde depuis un terminal banalisé.
L'ensemble des fonctionnalités, des droits d'accès, les mécanismes de getion des transactions sont fournies par le serveur "mainframe".

Puis les PCs apparaissent, suivis par une interface graphique plus ou moins ergonomique, mais avec des couleurs, ce qui plait beaucoup aux utilisateurs qui veulent en profiter pour leurs applications quotidiennes.
Un énorme chantier d'environ 10 ans se déroule alors, permettant de redévelopper l'ensemble du parc applicatif des entreprises dans des environnements dits de "nouvelle technologie".
C'est d'abord l'avènement du "client/serveur" (outillé petit à petit par des outils "L4G" tels que PowerBuilder et les premièrs versions de Microsoft VB). Ce qui se traduit par l'éclatement de l'intelligence des logiciels sur les postes des utilisateurs et de multiples serveurs de bases de données.
Ce premier modèle étant ruineux en termes de déploiement et de coûts de maintenance, vient le règne des premiers outils "multi-tiers", ancêtres du fameux modèle MVC (Model - View - Controller). Les outils Natstar et Forté, déjà équipés de frameworks, sont les plus productifs que l'industrie du logiciel ait connu. On commence à rappatrier l'intelligence des logiciels sur les serveurs.

Puis Sun a la bonne idée de concevoir Java, une architecture multi plate-forme, censer unifier les développements. On fait un bond de 10 ans en arrière en termes de productivité des développements.
Microsoft prend le train en marche et construit son architecture .Net.
On jette donc à la poubelle le parc applicatif et on le redéveloppe, ce qui prend encore environ 10 ans.

Pendant ce temps, internet monte en puissance et le système d'information des entreprises s'ouvre de plus ne plus vers l'extérieur : partenaires, fournisseurs, clients et grand public.
On commence par bricoler des couches web par dessus les architectures existantes, on fait évoluer tant bien que mal HTML (+ CSS + Javascript) pour essayer d'être le plus proche possible des interfaces "riches" (en bugs ?).
Les navigateurs internet (les terminaux de demain) se font la guerre et Microsoft fait de la résistance face à la standardisation des technologies Web.
Adobe en profite pour faire évoluer son plugin Flash et en faire un outil (une plate-forme ?) de développement web.

Coté serveurs, on les virtualise pour essayer de diminuer leur coût et maîtriser leur multiplication. On commence sérieusement à envisager d'externaliser les logiciels de l'entreprise sur le web, dans une sorte de nébuleuse : le "cloud". Ces fameux clouds (privés ou publics) se traduisent par des nuées de serveurs. Les applications s'affichent dans les navigateurs sur nos PCs, laptops, netbooks, smartphones et autres smartbooks.
Google est le visionnaire actuel et le moteur de ces nouvelles architectures.

On peut imaginer que le chantier des 10 prochaines années va être de migrer les applications des entreprises vers un mode web natif.
Les applications qui n'ont pas été conçues selon le modèle MVC (Model - View - Controller) sont condamnées à plus ou moins long terme à être jetées à la poubelle et redéveloppées pour supporter ce nouveau mode de déploiement (rapide) et d'utilisation (massive).

Si on résume :
  • Années 1970 - 1980 : mainframes
    1 serveur - des terminaux
  • Années 1990 : "nouvelles technologies"
    des serveurs - des PCs
  • Années 2000 : Java / .Net / Internet
    des serveurs - des PCs - des navigateurs
  • Années 2010 : Web
    le cloud (boite noire qui remplace le mainframe d'antan) et des navigateurs (nos nouveaux terminaux)

On a donc bouclé la boucle.
L'histoire ne s'arrétant pas dans 10 ans, je vous laisse imaginer la suite ....

Après son smartphone, Google pourrait sortir son propre netbook sous Chrome OS

Lancée par TechCrunch, la rumeur assure que Google a déjà commencé à travailler avec un fabricant sur un netbook Chrome OS. Il pourrait être commercialisé fin 2010, en vente direct et auprès d’un opérateur ....
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mercredi 9 décembre 2009

Chrome : les versions Mac, Linux et les extensions enfin disponibles - Actualités - ZDNet.fr

Attendues de longue date, les versions Mac et Linux ainsi que les extensions pour Chrome sont disponibles en version bêta pour le moment. De quoi permettre au navigateur de Google de vraiment décoller auprès des internautes ?
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lundi 7 décembre 2009

Le SI dans les nuages


Les nouveaux smartphones débarquent sur le marché : ces fêtes de Noël devraient consacrer leur succès.
Les netbooks portent le marché de l'industrie informatique en ces temps de crise.
Bientôt vont arriver sur le marché les tablettes (ou smartbooks) : à mi chemin entre les smartphones et les netbooks.
Le point commun de tous ces appareils est leur connectivité à internet omniprésente, via wifi ou réseau 3G.

Parallèlement, Google est en train de préparer l'OS du futur : un OS dédié à ces nouveaux matériels et à leur mode de fonctionnement : très lèger, sans logiciel (ou très peu) installé sur la machine.
Nous entrons doucement dans l'ère post windows/mac.

Les avantages ?
Regardez les logiciels Google (Mail, Calendar, Apps, Wave) : les versions s'enchaînent, s'enrichissent de manière transparente pour nous, utilisateurs. Des millions de postes clients sont instantanément à jour. Nous y accédons, quel que soit le poste de travail utilisé : au travail, à la maison, dans un web café, à l'aéroport, sur notre PC, portable, téléphone, tablette.

Mais les logiciels existants aujourd'hui n'ont pas été conçus pour ce modèle.
Il est temps de concevoir de nouveaux logiciels pour les faire fonctionner nativement dans ce mode :
  • Utilisation de langages et frameworks adaptés : PHP + Symfony, Ruby + Rails, .Net + ASP, Java + ??? (là, je sèche ;-)
  • Conception systématique en MVC (Modèle / Vue / Controller), les vues étant dispersées entre pages web standards, pages pour terminaux mobiles et services web, la logique métier doit rester unique
  • Penser aux performances dés la conception : votre application sera peut être utilisée par des centaines de milliers d'utilisateurs
  • Concevoir les fonctions en mode collaboratif dés le départ : utilisation de composants de workflow
  • Penser au mode déconnecté : il peut arriver qu'un utilisateur soit déconnecté momentanément du réseau : il doit pouvoir continuer à travailler, la synchronisation se faisant automatiquement lorsque le réseau est à nouveau disponible
De même, le process de développement doit également être adapté : les cycles de développement en V, avec des phases interminables de spécifications, peuvent être oubliés.
Les processus agiles semblent les mieux adaptés au développement de ces nouveaux logiciels :
  • Itérations / livraisons fréquentes (outillées afin de limiter la perte de temps et les risques d'erreurs)
  • Conception des tests / des jeux de tests avant le développement
  • Interactions permanentes avec les utilisateurs
Le trio gagnant selon moi :
  • logiciel conçu nativement pour le web, avec une plate-forme de développement adaptée
  • Industrialisation du développement à base de framework MVC et scripts d'automatisation
  • Process de développement / déploiement agile

jeudi 3 décembre 2009

Cartographie et geolocalisation : Quelles utilisations ?


Google Maps : tout le monde connait et l'utilise
Google Maps Navigation : bientôt disponible sur nos téléphones

La géolocalisation et les applications cartographiques ont été démocratisées par Google. De nombreux sites et applications utilisent ses services pour représenter des données sur une carte.
Les métiers de la supply chain et notamment le transport sont des clients tout désignés de ce type d'applications.

Listons quelques unes des utilisations possibles :
  • localisation des sites d'une société : usines, entrepôts, magasins, sites transport, ...
  • localisation des camions d'une flotte ou d'un sous-ensemble d'une flotte
  • suivi des flux en temps plus ou moins réel => affichage sur la carte des évènements : retards sur site, blocages (bouchon, accident, ...), ... tout reste à inventer
  • affichage d'indicateurs sur fond géographique (CA par région, département, taux de remplissage par sens des flux, ...)
Avec l'arrivée et bientôt la démocratisation des "smartphones" (téléphones intelligents) connectés en quasi permanence à internet (et forfaits illimités qui vont avec) et dotés du GPS, notamment Android, on peut imaginer dans un avenir proche de mettre à disposition des chauffeurs des outils leur permettant d'être en relation quasi permanente avec le système d'information :
  • récupération d'une mission de transport sur le terminal
  • couplage avec les fonction de navigation GPS pour l'amener à bon port
  • saisie des évènements du transport : arrivée, départ, mise à quai, retards, ...
  • reroutage depuis l'exploitation en fonction des évènements
  • saisie du retour de tournée, validation du destinataire
  • ... ... 
Et tout ceci à des coûts défiant toute concurrence (cf. le modèle Google)